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Et si l’on sauvait le fort Boyard ?

Par Alain Bastardie, Sud Ouest (édition locale), 17 avril 1987

Publié le jeudi 9 septembre 2010 par Kévin TOLBIAC dans la rubrique Dans la presse avant 1990.

        

Un projet pour animer le fameux vaisseau de pierre l’a emporté à la sélection Poitou-Charentes du prix Essor 87. Reste à triompher à Paris le 9 juin pour la finale nationale

Le projet de Malagar ! (nos éditions du mardi 14 avril), lauréat d’Aquitaine, sera entre autres en concurrence pour la phase finale du prix Essor 87 de la société Esso avec celui de Poitou-Charentes connu mercredi soir à Poitiers. C’est sur un tout autre registre que s’est fait le choix du jury de Poitiers puisqu’il s’agit d’encourager l’idée d’un couple de La Tremblade pour sauver et animer le fameux fort Boyard dans la baie de Rochefort.

A priori Jean-Jack et Sylviane Fève ne sont pas des « dingues » de l’histoire maritime : mais quand on a baigné son enfance dans le domaine ostréicole (le cas de Jean-Jack) ou à Rochefort (le cas de Sylviane), le fort Boyard est un éternel lieu de fascination : vide, n’ayant jamais connu sa vocation première de forteresse avancée pour résoudre le manque de portée des canons de l’Empire, vendu par les Domaines pour une poignée (33 000 francs) à un amateur lillois.

Le fort Boyard, génie de construction dans la pure ligne de l’architecture de Montalembert (1), doit plus sûrement sa célébrité aux cinéastes qu’à ses années de centre pénitentiaire. Tout le monde a en mémoire les images fortes, notamment aériennes, de Robert Enrico alignant deux géants, Alain Delon et Lino Ventura dans « les Aventuriers ». Autre aventurier regretté qui s’est mesuré au Boyard : Philippe Dieuleveult dans « la Course aux trésors ».

Avec le projet Fève, s’il aboutit, on a quelque chance de voir mis à la portée du grand public une image de Roger Vadim dans « le Repos du guerrier » : Brigitte Bardot prenant le soleil sur le sommet du fort Boyard. Car dans l’animation du lieu qu’ils ont imaginée, les Fève ont prévu un solarium. Leur idée d’aménagement qui se chiffre tout de même à 3,3 millions de francs (le prix national Essor en couvrirait, avec 2,5 millions, une bonne part) ne se limite pas à cet espace unique pour bain de soleil. Le fort accueillerait entre ses quatre-vingt-huit pièces et vingt et une soutes et citernes, un restaurant, différents musées liés à l’histoire de la Charente-Maritime et aux traditions locales (huître, cognac et viticulture).

Il y a beaucoup à faire pour le fort Boyard

Pour réaménager et animer ce « fort de l’inutile » planté au milieu des eaux, les investissements ne sont pas mineurs : 3,3 millions de francs au total donc mais qui – les devis précis du dossier l’établissent – comportent et une liaison avec le continent par bateau et les infrastructures intérieures notamment le problème de l’énergie et de l’eau. Le château fort des mers pourrait devenir une nouvelle étape des croisières inter-îles de la Charente-Maritime et aussi, lors d’événements majeurs comme le bicentenaire de la Révolution, se prêter à des mises en scène exceptionnelles.
Si le 9 juin, Jean-Jack Fève apprend dans se cabine du pont à péage de la Seudre où il travaille, qu’Essor 87 l’a choisi définitivement, tous les espoirs sont permis pour embarquer dans cette aventure qui ne déplairait sûrement pas à Robert Enrico. Ni aux Charentais-Maritimes.

(1) Le seul exemple d’architecture à la Montalembert en montagne sera inauguré cet été, après restauration, comme porte du parc de la Vanoise.


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