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Gilles Arthur escamote aussi bien un camion qu’une clé...

Par Michel Doussot, Télé Star, été 1992

Publié le samedi 29 juillet 2006 par Aurélien LECACHEUR - Directeur de la publication dans la rubrique Dans la presse en 1992.

        

En un tour de main, la clé a disparu. Le candidat du jeu « Fort Boyard » aura-t-il plus de chance dans la cellule du bonneteau où cette même clé se trouve sous un gobelet ?

Tâche difficile, car il a face à lui Gilles Arthur, le magicien du fort surnommé Mister Reflex et capable d’escamoter aussi bien l’hôtel de ville de Gagny ! Oui, il peut le faire !... « Je fais partie des murs à présent, commente Gilles. Je suis de l’émission depuis le début. C’est original et drôle à faire. Comme nous tournons dans les conditions du direct, je n’ai pas droit à l’erreur. J’ai tellement répété ces manipulations que j’en oublie parfois le résultat. Quand je regarde l’émission, je suis un téléspectateur comme les autres ; je joue avec le candidat et souvent... je me trompe ! »

Ce magicien de 32 ans n’est pas un novice en matière de télévision. Il avait 16 ans lorsqu’il a commencé. Comme beaucoup d’enfants, Gilles Arthur a joué avec des boîtes de magiciens et découvert les secrets de la prestidigitation dans les livres spécialisés. Mais un jour : « Pour son anniversaire, mon frère avait invité un copain magicien. Je ne m’attendais pas à voir arriver un l’allure moderne. J’ai eu un déclic terrible. Un an après, je suis rentré à la télévision. » Non sans avoir frappé à toutes les portes. Gilles fait ses premières armes en 1977 avec « La magie c’est facile », une séquence du programme jeunesse de TF1 « Les visiteurs du mercredi », présenté par un autre jeune : Patrick Sabatier. Par la suite, Gilles multiplie les prestations télévisuelles dans les émissions pour la jeunesse de FR3 (« Le monde fantastique », en ce moment), mais aussi pour Les Nuls de Canal -I-. Magie et télé font bon ménage (voir Gérard Majax et José Garcimore). Hélas ! moins qu’aux Etats-Unis. « Trop souvent chez nous, dit Gilles, on a montré des tours anciens en évoquant à peine leurs créateurs. C’est oublier que la magie évolue et que chaque illusionniste a sa personnalité. » L’ambition de Gilles : « Relever tous les défis. La magie va exploser en France, j’en suis convaincu. C’est un art populaire, et qui n’est pas uniquement destiné aux enfants. » Pour preuve, ces méga-illusions qu’il conçoit pour les mandrakes d’or. Cette manifestation se déroule chaque année, en octobre, dans la périphérie parisienne Gagny, Deuil, Le Chesnay). C’est en 1990 que Gilles et son équipe réalisent le tour époustouflant de faire disparaître la mairie de Gagny. L’année suivante, c’est un fourgon de 15 tonnes qui s’évapore. A la télévision américaine, son homologue David Copperfield s’envole comme Peter Pan : « Au premier visionnage, |e suis tombé à la renverse. » Tina Lînert, elle, joue une ménagère endormie dont le balai se met à vivre. Ces deux exemples, d’une poésie incontestable, mettent quasiment en transe notre ami. Il est actuellement en pourparlers afin de monter une émission de ce type à la télé française. S’il ne compte pas brider son imagination, Gilles Arthur s’interdît une chose : les trucages vidéo. « l’illusionniste y perdrait sa crédibilité. »

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