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Guy Demazure : n’ayez pas peur des mygales et des serpents

Par Geneviève Coste, Télé Loisirs, été 1995

Publié le dimanche 30 juillet 2006 par Aurélien LECACHEUR - Directeur de la publication dans la rubrique Dans la presse en 1995.

        

II choisit les animaux, même les plus insolites de « Fort Boyard », et il reste sur le site pour veiller sur eux et leurs visiteurs ! Il en manipule certains avec plus de précautions que d’autres, mais se veut rassurant. Rencontre.

Un varan, un iguane, un teju (lézard géant), 40 pythons, 40 couleuvres, 30 blattes, 30 scorpions. 15 mygales, 200 rats, 3 faucons, un perroquet, un aigle royal. Cette arche de Noé, ancrée au large de La Rochelle, c’est la réserve des animaux de fort Boyard. Dans une pièce chauffée à 28°. malgré la canicule, viennent de naître 88 bébés couleuvres, « serpents jarretière » grouillant dans la sciure, mais aussi des bébés scorpions encore accrochés au ventre de la mère, 2 bébés caïmans de six mois et 3 bébés crotales bien verrouillés dans leur bocal. « Ce sont les serpents (à sonnette) les plus dangereux et les seuls à ne pas être manipulés. »

Depuis cinq ans, Guy Demazure a fourni tous les animaux des 350 émissions du jeu. Néerlandais, Allemands, Québécois, Italiens, tous les candidats paniquent devant les mêmes bestioles, araignées mygales, rats, souris et serpents qui, depuis la Bible, on mauvaise réputation. « Une peur exagérée ». assure Guy tout en vous mettant une araignée dans la main ou un serpent dans les bras. « Prendre une mygale, ce n’est pas mourir. Aucun des candidats n’a été piqué ni mordu. On se méfie moins des guêpes, plus dangereuses que les vipères. Les aigles royaux attaquent, dit-on, les enfants. Faux. Un aigle avec un lapin de trois livres dans son bec a du mal à prendre son envol. » Beaucoup de légendes a combattre. « Tous les animaux sont craintifs cl très peu, fauves à part ? sont gratuitement dangereux. L’animal n’agresse que s’il est en danger. Il cherche d’abord à fuir. C’est à l’homme d’observer son comportement et de prévoir ces signes. » Ce qu’il fait, lui, depuis son plus jeune âge.

POUR « UN INDIEN DANS LA VILLE »

Guy a grandi aux environs de Saint-Gaudens, dans les bois, au bord des mares et des rivières. « A 6 ans, je récupérais les hérissons et capturais les vipères à la main ! Je me serais fait voleur pour sauver un animal. » Fauconnier à 14 ans, il prend goût au dressage. « C’est la passion qui donne la patience. » Une passion devenue un métier. M a abandonné la prothèse dentaire pour dresser les douze oursons de « L’Ours », de Jean-Jacques Annaud. Tous les animaux de « Un Indien dans la ville ». le film avec Thierry Lhermitte, sortent de sa ménagerie. Les reptiles sont les plus faciles à faire travailler. « On n’apprivoise pas un serpent ou une araignée comme un lézard ou une tortue. Mais on peut leur apprendre à ne pas avoir peur de l’homme. »

Caresser le ventre d’un serpent, manipuler chaque jour une mygale suffit à les mettre en confiance. Les risques d’accident diminuent. « En cinq ans, je n’ai été mordu qu’une seule fois par un python. Par ma faute : j’allais trop vite, il a eu peur. Si parfois je prends des risques pour moi, je n’en prends jamais pour mes animaux. Cela m’énerve quand on croit que je les mutile. Enlever le dard d’un scorpion, c’est un risque d’infection mortelle. Et un serpent a besoin de son venin pour neutraliser sa proie. »

Chaque dresseur a ses secrets. Comment dresser une mouche à se poser devant la caméra ? « On mouille ses ailes avec un brumisateur pour alourdir son vol. Pour figer un papillon, on le met au frigo. On le pose, endormi et réchauffé par la chaleur ambiante, il reprendra son vol. Pour raccourcir le saut de la sauterelle, on l’alourdit avec du plomb de pèche. Un chat, devant une caméra, est conditionné par des ultrasons. Et les oiseaux de paradis sont des pigeons maquillés, avec une longue queue postiche. Le cinéma demande souvent des choses impossibles. Et les animaux ne sont pas des acteurs ! »

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