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Interview d’Alexandre PESLE

« Je rêve de sauter dans le vide ! »

Publié le jeudi 11 août 2011 par Aurélien LECACHEUR - Directeur de la publication dans la rubrique Interviews 2011.

        

Alexandre Pesle est un vrai bout en train. Il fait ses débuts en 1987 avec Les Nuls et acquiert au fil des années une véritable notoriété consacrée par son rôle de comptable dans le programme court à succès de M6 Caméra Café. Il participait pour la troisième fois au grand jeu estival de France 2. Même si son équipe a échoué aux portes du Trésor, l’humoriste ne perd pas pour autant son humour et souhaite même remettre le couvert en 2012. Triste d’avoir perdu, il a terminé son émission par un cri du cœur en indiquant qu’il compenserait auprès de l’association Magie à l’hôpital le manque à gagner. Quelques semaines après la diffusion de son épisode sur France 2, il revient pour nous sur cette troisième aventure boyardesque avec humour et légèreté mais toujours avec le sens des responsabilités.

Fort Bavard : Comment avez-vous réagi quand on vous annoncé qu’on souhaitait vous faire revenir sur le Fort comment candidat ?

Alexandre Pesle : On est d’abord heureux comme un gamin de 10 ans. J’ai réuni toute la famille dans la cuisine et je leur ai annoncé la nouvelle en étant super fier. Ma femme m’a dit : « Je croyais que tu avais trouvé un vrai boulot ! » et mon grand garçon m’a dit : « Mais c’est tout pourri papa ! ». Après ce coup de moins bien, cette solidarité familiale au zénith, ils ont éclaté de rire et m’ont dit qu’ils étaient super contents pour moi. Ensuite on se demande comment on va faire pour ne pas être ridicule. J’ai plutôt un physique à porter, même en été, plutôt une doudoune qu’un marcel. Quand la production m’a dit qu’il y avait Teddy Riner dans l’équipe, j’étais soulagé, je me suis dit, ils ne vont pas me faire porter des trucs trop lourds. Et je me suis retrouvé avec le duel des Poids ! L’équipe qui prépare cette émission est constituée d’anciens tortionnaires ayant sévi dans les pires camps d’entraînement du Pakistan !

Fort Bavard : Malgré le fait que ce soit votre troisième participation, étiez-vous stressé ?

Alexandre Pesle : On stresse parce qu’on se dit qu’au bout de la troisième participation, on n’a plus rien à prouver ?! Mais non !! Bien sûr qu’on stresse ! C’est même la route de la parano : toujours un moment où l’on se dit qu’on va se faire manger par les tigres, que le harnais (qui n’a connu aucun raté en 20 ans d’émission), va céder ! On imagine déjà les titres des journaux : « Accident mortel à Fort Boyard ! ». L’AFP et Reuters sont en branle, David Pujadas qui parle de vous au passé… mon cercueil qui descend l’avenue des Champs Élysées noire de monde… le pays observe trois jours de deuil… et puis on se reprend et on se dit que ce n’est qu’un jeu.

Fort Bavard : À part Olivier Minne avec qui vous aviez fait équipe lors votre premier passage, connaissiez-vous des membres de votre équipe ?

Alexandre Pesle : À part un peu Booder que j’aime beaucoup, aucun. Mais je les connaissais tous de nom, car je suis un énorme professionnel. (Rires.)

Fort Bavard : Suivez-vous régulièrement Fort Boyard ?

Alexandre Pesle : Oui. Pour ma deuxième participation, mon fils avait peur que je me fasse manger par les « tigueux ». Et j’observais avec délice sa peur au coin du canapé. Depuis on regarde régulièrement. Et avant qu’il n’arrive au monde, c’était pareil. Du reste, si vous avez les trois DVD de ma participation, je veux bien que vous m’en fassiez une copie ! Pour que je puisse témoigner pour les générations futures.

Fort Bavard : Quelles épreuve ou aventure redoutiez-vous le plus ?

Alexandre Pesle : Comme j’espère refaire l’émission, je ne le vous dirais pas ! Il suffit que je dise « je suis allergique aux serpents » et je me retrouve dans la cage aux serpents, mais ça doit être une pure coïncidence ! Cela dit voir Teddy Riner qui terrasse régulièrement les hommes les plus forts de la planète, crier et trépigner comme un gamin de 5 ans devant un boa géant qu’il avait dû prendre pour un tapis de sol qui ne laisse pas passer les courants d’air sous la porte m’a beaucoup amusé. Je suis de tempérament moqueur, mais c’est normal, c’est une interview sans serpent.

Fort Bavard : Inversement, quelle est celle que vous rêviez de faire ?

Alexandre Pesle : Je rêve de sauter dans le vide donc soit le Saut à l’élastique, soit la Cloche, ça doit être aussi grisant que flippant. Je vais vous faire une confidence : j’aime le suicide avec un harnais, je suis pour des suicides en toute sécurité, des suicides avec parachutes, ce qui éviterait bien des drames dans la vraie vie !

Fort Bavard : Quelles épreuve ou aventure de vos trois participations avez-vous préférées ?

Alexandre Pesle : Honnêtement j’ai adoré les trois participations. Elles étaient toutes différentes. À chaque fois, ce sont de nouvelles épreuves, de nouvelles équipes de joueurs, c’est très très agréable et puis avec les candidats, c’est un peu notre Vietnam à nous : on est soudés comme les cinq doigts de la main de Django Reinhardt.

Fort Bavard : À l’inverse, laquelle ne souhaiteriez-vous pas refaire ?

Alexandre Pesle : Je n’ai pas aimé faire l’épreuve des skis sur deux filins ! Dois-je rappeler à votre équipe de tortionnaires que le ski se pratique en hiver, dans la neige et non pas à 20 mètres de hauteur sous 25°C ? En plus, il n’y avait même pas de tire-fesses ! J’ai eu l’impression que j’étais confronté à la pire part de moi-même, celle qui vous dit : « Mais tu as du sang de lapin dans les veines Alexandre Pesle ». Dans ces moments-là, on pense qu’on joue aussi sous son vrai nom et que là, je l’ai sali pour plusieurs générations. Merci Fort Boyard !

Fort Bavard : Le tournage de l’émission de cette saison fut-il très différent des autres années ?

Alexandre Pesle : Oui et non, il y avait comme d’habitude, une excellente ambiance, un peu trop même. Donc on a commencé à déconner et on se déconcentrait de plus en plus. On a perdu, je n’ai pas aimé, mais nous avons mal joué à la fin, on était un peu trop confiants. Mais ça veut dire que malgré les apparences Fort Boyard est un jeu difficile. En résumé : nous avons mal joué, mais nous avons bien perdu !

Fort Bavard : Revenons plus en détail sur votre parcours dans l’émission. Vous passez en second et vous manquez de peu la clé de la Cellule interactive. Que s’est-il passé ?

Alexandre Pesle : Alors que j’avais réussi à casser toutes les autres briques, j’ai buté sur la dernière, j’ai commencé à me déconcentrer, car en plus j’avais peur d’être enfermé. Donc ma maladresse avec les pieds (je suis maladroit des mains, mais j’ignorais que je l’étais aussi des pieds) alliée à ma crainte de rester enfermé a définitivement ruiné ma concentration et les chances de mon équipe. Il y a la Boule, je suis le Boulet !

Fort Bavard : Vous avez également manqué la clé dans une épreuve qui tangue. Vous n’avez pas le pied marin ?

Alexandre Pesle : Autant j’ai le pied marin sur terre, autant en mer, moins ! J’ai appris qu’en plus de ne pas avoir le pied marin, je n’avais pas de cerveau : je n’ai pas compris tout de suite le déroulement de l’épreuve ! En fait, là aussi, j’avais peur de rester enfermé dans la cellule. Donc on résume : je n’ai ni de cerveau ni le pied marin, je suis maladroit des pieds, paranoïaque et claustrophobe. Merci Fort Boyard !

Fort Bavard : En revanche vous vous rattrapez en rapportant un indice à votre équipe dans une épreuve qui se déroule dans le noir et dans laquelle vous avez croisé des rats. Avez-vous vaincu votre peur ou l’avez-vous réussie « finger in the nose » ?

Alexandre Pesle : C’était « finger in the loose » ! Un sentiment d’oppression assez épouvantable : se retrouver dans ce tube dans le noir en ne pouvant pas reculer, c’était une position des plus inconfortables et totalement inconnue pour ma part. Quand j’ai entendu que les rats couinaient, j’étais gêné pour eux, je ne voulais pas faire mal aux animaux (alors que j’en mange certains, oui je suis un paradoxe à moi tout seul, c’est comme ma femme parfois j’ai envie de la tuer alors que je serai incapable de le faire !). Sérieusement en remontant dans le tube, je n’avais qu’une crainte : faire tomber la boule et qu’elle dévale tout en bas. Là, tout aurait été à refaire. Et comme je n’avais pas été particulièrement brillant...

Fort Bavard : En revanche, malgré le fait que vous ayez réussi l’épreuve de la Tête chercheuse, votre équipe n’a pas composé le code dans les temps. Déçu ?

Alexandre Pesle : Oui. Parce que ce n’est pas une partie de plaisir, donc de l’avoir faite et qu’elle ne nous serve à rien, c’était vraiment frustrant, je pense que c’est là que nous avons commencé à perdre la partie.

Fort Bavard : Chez les Maîtres des Ténèbres vous héritez d’un duel qu’on aurait plutôt imaginé pour Teddy Riner, le colosse de votre équipe, puisqu’il s’agit d’une épreuve de force. Comment avez-vous vaincu le Maître ?

Alexandre Pesle : Je pensais que j’avais laissé mes muscles à Paris, mais ils m’en restaient et les plus forts en plus ! J’ai été le premier surpris, je les ai remerciés toute la soirée. Ils ont même eu droit à un massage aux huiles essentielles en rentrant à l’hôtel. Je sais être reconnaissant. Et désormais en voiture, je vais me battre plus souvent alors que je ne suis pas très bagarre. Merci encore Fort Boyard !

Fort Bavard : Devant la Salle du Trésor, que s’est-il passé ?

Alexandre Pesle : J’étais pour sacrifier un membre de l’équipe, je m’étais même proposé. Mais j’étais mou du genou. Et puis on a voulu tenter le tout pour le tout. Je n’étais pas sûr du moi, je n’arrivais pas à trouver la connexion avec le mot « MUSIQUE », mais nous étions tellement pressés par le temps, les autres membres de l’équipe avaient l’air d’être sûrs d’eux, je me suis dit que je ne devais pas réfléchir, d’autant plus que je n’avais pas un autre mot à proposer ! Trois mots c’est trop peu pour trouver une association d’idées en si peu de temps.

Fort Bavard : Qu’avez-vous ressenti lorsque les Boyards ne sont pas tombés et qu’Olivier Minne vous a tous rappelé ?

Alexandre Pesle : Que j’étais le roi des imbéciles, que mon intuition était la bonne ! J’étais très déçu. On pense à ces gamins qui n’auront pas d’argent par notre faute, on se sent vraiment stupide. J’ai appelé le responsable de l’association « Magie à l’hôpital » pour m’excuser et je me suis engagé à la fin de l’émission et je tiendrai mon engagement… je me rattrape comme je peux. Et puis on pense qu’on va passer pour une buse devant la France entière. Mais je suis sûr que chez eux, les gens n’ont pas trouvé le mot comme nous. Et j’ai eu des mots dans la rue, comme quoi nous nous étions bien battus ! Mon boucher a même été touché par mon engagement à la fin.

Fort Bavard : En un mot, qu’est-ce qui a manqué à votre équipe pour gagner ?

Alexandre Pesle : D’avoir perdu ! Non, on était un peu trop heureux d’être ensemble, on n’a pas arrêté de s’amuser (en français de déconner) il nous a manqué la concentration nécessaire, surtout vers la fin, l’indice de la Tête chercheuse et un autre indice qu’on aurait pu glaner ailleurs. On a manqué aussi de lucidité devant la Salle du Trésor en sacrifiant un des membres de l’équipe.

Fort Bavard : Si l’an prochain on vous propose de prendre votre revanche, sautez-vous sur l’occasion ?

Alexandre Pesle : Je suis déjà au maquillage ! J’adore Olivier Minne (avec qui j’avais fait mon premier Fort) qui représente toutes les valeurs du service public : professionnalisme, gentillesse et décontraction. Quand on a ces trois qualités, on peut durer très longtemps, on n’a pas besoin d’être un requin.

Fort Bavard : Alexandre Pesle on vous a connu dans l’aventure Caméra Café, à la radio, à la télévision, etc. Quels sont vos projets pour cet été et la rentrée ?

Alexandre Pesle : Je joue au théâtre dans une pièce délirante Conversations avec ma libido du mardi au samedi à 21 h 30 à la Comédie de Paris (42 rue Fontaine 75009 PARIS, métro Blanche – ligne 2) jusqu’au 13 août. En parallèle, j’écris mon prochain one man show « Je suis dans une forme insolente ». Je vais jouer mon précédent one man show à Nantes en octobre et à Lausanne en novembre. J’écris pour la télévision et le cinéma. Honnêtement je n’ai pas le temps de m’ennuyer. Ça tombe bien, je n’aime pas ça ! Et l’année prochaine, je serai à Fort Boyard en short et avec mes tout nouveaux muscles achetés sur Ebay (à un certain Olivier Minne, je crois !!).

Fort Bavard : Merci d’avoir répondu à nos questions et à bientôt !

Alexandre Pesle : Pas à bientôt, à l’année prochaine !


Propos recueillis par Aurélien LECACHEUR. Merci à Alexandre Pesle pour sa disponibilité, sa gentillesse et son humour.

Photos : © France Télévisions / Gilles Scarella

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