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Interview d’Olivier MINNE

« Être associé à l’image estivale est plutôt très gratifiant ! »

Publié le samedi 25 août 2012 (publié antérieurement le 18 août 2012) par Guillaume COMONT - Rédacteur en chef, Aurélien LECACHEUR - Directeur de la publication dans la rubrique Interviews 2012.

        

Olivier Minne fête cette année ses dix saisons à la tête de Fort Boyard. Eh oui ! Déjà neuf années consécutives qu’Olivier Minne endosse le rôle de Maître du Fort, enfin, ne lui parlez pas de ce rôle de Maître du Fort. Car Olivier a un style bien à lui, qui tranche avec ses prédécesseurs et qui constitue sa marque de fabrique : une proximité assumée avec les candidats qu’il reçoit, une petite dose d’humour « minnesque » ainsi qu’une grande complicité avec ses acolytes du Fort. En dehors de Fort Boyard, il est boudé par le service public. Après la tentative avortée de Dans les coulisses du show une émission éclectique mêlant variété, humour et divertissement, les propositions se font plus rare en dehors de Fort Boyard. Mais Olivier n’est pas homme à se plaindre de son sort, il en a pris son parti et consacre ce manque de temps d’antenne à la comédie, notamment en campant chroniqueur judiciaire dans A tort ou à raison sur France 3. Dernièrement, il a toutefois été choisi pour être la figure française du jeu Take The Money & Run diffusé sur 13ème Rue, où il reprend les règles du jeu, mais dans la langue de Molière. Lors de notre précédente rencontre, Olivier était revenu sur ses dix ans à la tête du jeu, sur la manière dont il avait été repéré et comment il avait fait ses premiers pas dans le programme. Cette fois, il aborde plus spécifiquement cette 23e saison du jeu avec un enthousiasme révélateur du lien fort qui l’attache au jeu et son équipe. Comme il le dit si bien depuis dix ans avant chaque épreuve « Trois - Deux - Un : c’est parti ! ».

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Fort Bavard : Vous entamez votre 10e saison consécutive et vous égalisez le raccord de Patrice Laffont en nombre de saisons. Êtes-vous fier de cette longévité, assez rare à la télévision ?

Olivier Minne : Cette année est mon 10e anniversaire à la tête de cette émission et mon 23e anniversaire à l’antenne. J’avoue qu’il est toujours troublant de se rendre compte que malgré les tempêtes et les avaries on arrive bon an mal an à être encore à l’antenne après tant d’années. Fier de présenter une émission de qualité, bien sûr, fier d’avoir à ce jour la même longévité que Patrice. S’il n’avait pas pris la décision d’arrêter il y a 13 ans, qui sait, peut-être serait-il toujours à la tête du programme. Mais pour le reste, je sais trop que tout peut s’arrêter du jour au lendemain. Je l’ai déjà expérimenté il y a 12 ans. La longévité dans ce métier est une donnée de plus en plus rare à une époque où la télévision crée ses propres monstres, petites vedettes éphémères, dont elle boit le sang en une saison avant de les enterrer et d’en créer de nouvelles au sang plus frais !

Fort Bavard : Vous dîtes ne pas être lassé. Qu’est-ce qui vous motive chaque année à repartir pour de nouvelles aventures ?

Olivier Minne : Eh bien, précisément le fait de présenter une émission qui se renouvelle chaque année. Et qui donc me surprend autant que ceux qui la regardent. Ma motivation est de deux ordres. Divertir mes concitoyens pendant l’été est une noble tâche quand on sait à quel point l’année qui vient de se passer a été rude pour la plupart d’entre nous et puis aussi le fait de retrouver toute mon équipe que j’aime énormément, que ce soit la technique ou la production. Un lien très particulier existe entre nous que je ne me lasse pas de chérir année après année.

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Fort Bavard : Si la coanimatrice n’existe plus aujourd’hui, il semble bien qu’il y ait toujours un duo sur le Fort : le Père Fouras et vous. Était-ce finalement assez naturel de redonner un rôle plus grand au Père Fouras, maître des lieux ?

Olivier Minne : Il est vrai que nos rôles sont presque à égalité. Pour une fois que c’est un vieux qui peu à peu pique le boulot d’un plus « jeune »… (rires). Mais on ne peut pas parler vraiment de duo, car l’interactivité entre nous n’existe quasiment plus, sauf de manière fugace lors du Conseil. Le duo avec le père Fouras comme il existait précédemment s’est estompé avec le temps. Aujourd’hui c’est davantage la relation Père Fouras/Passe-Muraille qui prévaut. Mais nous avons proposé à la production de revenir un peu plus sur notre duo sachant que naturellement il existe entre nous une grande complicité. Celui qui incarne Fouras étant un grand ami.

Fort Bavard : Le Fort a traversé de nombreuses tempêtes ces dernières années avec une baisse d’audience en 2009 et un échec de la saison 2010. Comment expliquez-vous que l’émission ait renoué avec le succès en 2011 ?

Olivier Minne : Le fait de revenir aux fondamentaux a grandement joué. Tout comme aussi d’avoir retrouvé une linéarité plus fluide dans la narration. Car le Fort n’est pas qu’un jeu. C’est aussi une histoire, à chaque épisode, avec un début, un milieu et une fin. Avec des personnages différents (les candidats) et une dramaturgie qui change à chaque fois. De plus, avoir clairement revendiqué à travers des saynètes l’aspect un peu « magique » et décalé du programme a fortement plu aux téléspectateurs. Et je crois aujourd’hui que c’était vraiment nécessaire. Car Boyard sera toujours plus qu’un jeu d’aventure.

Fort Bavard : Comment se sont passées vos retrouvailles avec Anne-Gaëlle Riccio qui sera candidate cet hiver lors d’une spéciale nocturne de Fort Boyard ?

Vous me semblez très renseigné… Anne-Gaëlle est une amie. Et nous n’avons heureusement pas besoin du Fort pour nous revoir. Mais nous retrouver ensemble a forcément créé un moment émouvant pour nous deux. Comme quand je retrouve Sarah Lelouch. Ce sont des filles formidables !

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Fort Bavard : Vous avez toujours refusé de copier Patrice Laffont, qui incarnait le rôle d’un Maître du Fort autoritaire et sarcastique avec les candidats. Vous avez pris le contre-pied, surtout depuis 2009. Pourquoi ?

Ce n’est pas que j’ai refusé de le copier. C’est qu’il n’est pas copiable ! Et que de plus il aurait été stupide de ma part d’essayer à 35 ans de jouer le Maître du Fort comme lui. Cela n’aurait pas été crédible. Pour ce qui est de mon rôle au sein du programme nous avons abandonné avec l’animation solo le côté « Maître du Fort » pour revenir simplement, naturellement, à une animation… d’animateur ! Cela me permet d’être en contact plus direct avec les candidats et d’être plus spontané dans mes réactions. Je pense sincèrement que c’est un plus.

Fort Bavard : Parmi les nouvelles épreuves de cette saison 2012, quelle est votre préférée ?

Olivier Minne : J’ai une préférence pour Gagarine. Mais c’est très lié à ma passion d’enfant pour l’espace et sa conquête. Même si je ne suis pas sûr que je résisterais longtemps à la pression liée au mouvement du gyroscope.

Fort Bavard : Testez-vous les nouvelles épreuves chaque année ?

Olivier Minne : Non, pour une question liée aux assurances. Non pas que les épreuves soient mortelles ou d’une grande dangerosité, mais tester une épreuve, mal me réceptionner, me fouler une cheville… et le programme serait en danger puisque je risquerais de ne pas pouvoir le présenter. Cela m’est donc interdit. Sauf pour des épreuves ne sollicitant pas d’effort physique.

Fort Bavard : Pensez-vous possible le retour d’un ancien personnage (La Bohémienne, le Pirate Jaba, Lumineuse, L’Homme-Fort…) dans le jeu ?

Olivier Minne : Je sais que les fans gardent de bons souvenirs de ces personnages. Mais rien ne dit en effet que dans les années à venir, de nouveaux profils de personnages ne voient le jour… ou réapparaissent !

Fort Bavard : Cette année, vous avez tourné trois émissions nocturnes à thème qui seront diffusées pour Halloween, Noël et le Nouvel An. Les dernières nocturnes remontaient à 1997 avec une spéciale Noël et une spéciale Jour de l’An animée par Patrice Laffont et Cendrine Dominguez. Était-ce un souhait de votre part et de la production de revenir à une ambiance nocturne ?

Olivier Minne : Pour ce qui est des spéciales que nous avons tournées, la chaîne et la production m’ont demandé de n’en rien dire pour l’instant. Peu prompt à courber l’échine, j’ai accepté néanmoins de suivre leur demande dans la mesure où ces spéciales ne sont pas prévues pour cet été. On en reparlera dans quelques mois je vous le promets !

Fort Bavard : Quel candidat ou candidate vous a le plus impressionné cette saison et pourquoi ?

Olivier Minne : Cette année je ne peux pas répondre à cette question. Car beaucoup m’ont impressionné ou surpris. Donner un nom, ce serait comme donner l’idée que les autres seraient moins impressionnants… je ne suis pas très « donneur de notes ». Ni dans la vie, ni à la télévision. J’aime ou je n’aime pas. Et puis laissons encore aux téléspectateurs le soin de se faire leur propre opinion.

Fort Bavard : Vos confrères Laurent Ruquier et Nagui, qui sont régulièrement en tête du classement des animateurs préférés des Français, ne sont jamais venus à Fort Boyard. Le regrettez-vous ?

Olivier Minne : Non.

Fort Bavard : Une émission spéciale avec les présentateurs du Journal télévisé de France 2 (David Pujadas, Laurent Delahousse, Élise Lucet, Marie Drucker, Julian Bugier et Sophie Le Saint) serait-elle envisageable ?

Je ne le pense pas. J’ai travaillé à la rédaction d’Antenne 2 il y a plus de 20 ans. C’est une rédaction merveilleuse. Mais qui a souvent pour mauvais réflexe de penser que participer à des émissions de divertissement nuit à son image et à sa santé déontologique. Ce qui est un tort. À part Marie que j’attends impatiemment et qui, je le sais, est tout à fait capable de ne pas se soucier de ces histoires d’images à la noix, je préfère que les autres restent dans leur monde. Cela nous va très bien.

Fort Bavard : Quelles nouvelles personnalités aimeriez-vous voir à Fort Boyard ?

Olivier Minne : Celles qui ne se sont pas encore révélées !

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Fort Bavard : Quel est votre meilleur souvenir de tournage cette saison ?

Olivier Minne : Cette petite fête-anniversaire improvisée dans la loge HMC (maquillage/habillage) pour mes 10 ans par Sylvie ma maquilleuse, les deux Céline, mon autre maquilleuse (à mon âge j’en ai besoin de deux !) et mon habilleuse, Erwann qui travaille entre autres sur la construction des décors, Attila, notre artificier/charpentier, Félindra et le Père Fouras et quelques autres amis. Je ne me doutais de rien, et revenant pour une pause dans mon antre, m’attendait toute une montagne de cadeaux et de gâteaux préparés par eux. C’est pas de l’amitié comme on en rêverait tous les jours, ça, Monsieur ?

Fort Bavard : Une exposition complète, à laquelle notre site a collaboré, est dédiée à Fort Boyard au Musée de la Marine de Rochefort. L’avez-vous vue ?

Olivier Minne : Je n’ai pas eu le temps d’aller à cette exposition, ce que je regrette dans la mesure où je n’en ai entendu que du bien. Heureux que vous soyez associés à cet événement.

Fort Bavard : Si les audiences restent au beau fixe, pensez-vous rempiler pour une 11e saison ?

Olivier Minne : Ma volonté n’est rien au regard de celle de la chaine et de la production. Il sera donc fait selon la volonté du Prince…

Fort Bavard : Quelle relation entretenez-vous avec la direction des programmes de France 2 ? Aurons-nous la chance de vous voir davantage sur France Télévisions pour la rentrée à venir ?

Très bonne dans la mesure où j’ai décidé qu’elle le serait. Pour le reste, non, je ne serai pas sur France Télévisions à la rentrée. Ils ne le désirent pas.

Fort Bavard : Regrettez-vous votre statut d’animateur estival du service public ou, au contraire, y voyez-vous une opportunité pour concrétiser d’autres projets durant le reste de l’année ?

Olivier Minne : Pas le moins du monde. Être associé à l’image estivale est plutôt très gratifiant. Et puis j’ai toujours rêvé d’être plagiste ! (rires)

Fort Bavard : Regardez-vous régulièrement la télévision ? Quels sont vos programmes français favoris ?

Olivier Minne : Je ne regarde peu la télévision. Hormis certains documentaires et les émissions politiques.

Fort Bavard : Vous êtes très proche des téléspectateurs, vous passez beaucoup de temps à leur répondre via Twitter et Facebook. Est-ce pour vous essentiel d’entretenir ce lien de proximité avec le grand public ?

Olivier Minne : Avant que les réseaux sociaux existent, seuls les courriers nous permettaient d’être en contact. Et quand on sait que le service courrier de France Télévisions peut mettre jusqu’à 6 mois pour vous transmettre une lettre… alors forcément, l’instantanéité de Twitter nous a encore plus rapproché. J’ai été le premier à faire des Live Tweet chez les animateurs de télévision. Depuis d’autres confrères font pareil. Tant mieux. Je continuerai pour ma part cet été de commenter les émissions tous les samedis soirs. Pour répondre à votre question, oui, c’est important de garder le contact avec le public. Surtout quand on fait peu ou pas d’antenne. Cela me permet aussi de ne plus avoir besoin de la presse écrite pour parler. Et ça, c’est une immense liberté.


Propos recueillis par Guillaume COMONT et Aurélien LECACHEUR.

Merci à Olivier Minne pour le temps qu’il nous a consacré, pour son enthousiasme et sa disponibilité. Et bon anniversaire ! ;-)

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