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Interview de MARLÈNE (2010 - équipe n°3)

« On était là pour l’aventure, pour le Fort, pour assouvir des rêves d’enfants, pour la compétition ; gagner de l’argent était alors secondaire. »

Publié le mardi 24 août 2010 par Kévin TOLBIAC dans la rubrique Interviews 2010.

        

Pour certains, Fort Boyard est une émission culte, un univers magique, des personnages fantastiques. Pour d’autres, c’est donner le meilleur de soi-même, affronter ses peurs, se dépasser. Pour Marlène, 36 ans, hôtesse de l’air et candidate dans l’équipe n°3 (Cuivres), c’est avant tout une aventure humaine unique et extraordinaire. Cette parisienne, maman d’une petite fille de 8 ans, aimant les sports nautiques, les jeux de rôles, le théâtre, et passant également beaucoup de temps entre amis, a vu en l’émission l’occasion de voir jusqu’où elle pouvait aller, à la fois en solo qu’en équipe. Pour être choisie ? Simple : un feutre, un t-shirt, du scotch et un humour dont elle a le secret. Rencontre.

Fort Bavard : Pour commencer, regardiez-vous souvent Fort Boyard avant d’y participer ?

Marlène : Fort Boyard était une de mes émissions favorites étant jeune ; d’ailleurs, merci de porter autant d’intérêt à ce jeu, qui est un vrai plaisir à regarder, mais y participer reste une aventure unique dans une vie, un souvenir inoubliable. J’avoue que je souhaitais le retour des candidats anonymes et que j’avais toujours dit que je me présenterais dès que possible. Premièrement pour cet endroit magique et unique. Mais aussi pour le côté collectif, le challenge à plusieurs : c’est tellement plus fort de partager ses joies ou ses défaites à plusieurs. De plus j’ai été élevée dans le milieu de la compétition, avec un père entraineur sportif à haut niveau, et je voulais voir de quoi j’étais capable.

Fort Bavard : Comment pensez-vous avoir fait pencher la balance pour votre participation ?

Marlène : Lors du casting, je portais un t-shirt blanc, où j’avais inscrit certaines de mes qualités au feutre noir. Les inscriptions étaient recouvertes de bandes blanches adhésives, que j’arrachais au fur et à mesure du casting ! De plus, je leur ai dit que j’avais une qualité que peu de candidats possédaient... et en me retournant, ils ont pu lire : « J’ai plus de 16 ans !! », ce qui les a fait rire ! C’était quitte ou double !! Coup de chance, ça a plu, pour mon plus grand bonheur !

Fort Bavard : Quelle fut votre réaction lorsque vous avez su que vous faisiez partie des 52 candidats sélectionnés ?

Marlène : J’étais accrochée à mon téléphone, durant la semaine où la production devait nous répondre... Quel bonheur et quelle joie ! J’étais accompagnée de ma meilleure amie, qui n’était au courant de rien, mais vu le sourire aux lèvres qui ne m’a pas quitté de la journée, difficile de cacher ma participation... Le plus délicat a été de l’annoncer à ma fille qui ne voulait pas que je participe, à cause des prisons dans le jeu ; l’imagination des enfants peut être terrible parfois. Pour la rassurer, je lui ai promis que je n’irai pas en prison... Vous pouvez imaginer à qui je pensais quand je me suis retrouvée derrière les barreaux...

Fort Bavard : Vous êtes-vous préparée avant de vous rendre en Charente-Maritime ?

Marlène : Nous avions un mois pour nous préparer psychologiquement, et physiquement. C’est pourquoi j’ai passé plus de temps à courir et à nager que d’habitude. Mais je vous avoue que la nuit qui a précédé le départ, je n’ai pas bien dormi... Est ce que j’allais être à la hauteur ?

Fort Bavard : Aviez-vous une phobie particulière, ou une épreuve que vous redoutiez le plus pour une quelconque raison ?

Marlène : Une des mes plus grandes peurs concernait les rats et les serpents... J’avais finalement peu de chance de les croiser [grâce au nouveau système de désignation devant les épreuves NDLR]... sauf pour la libération des prisonniers...

Fort Bavard : Ensuite, arrivée dans la région ; quelle ambiance se dégageait de ces premiers pas dans l’aventure ?

Marlène : C’était vraiment l’inconnu, car nous avions peu d’infos. Mais très vite, des affinités se sont créées. Étant plutôt dans l’observation, nous étions une dizaine un peu en retrait, à attendre les instructions. Au programme, photos sur la plage avec Olivier Minne, réunions d’information sur le déroulement de la semaine. Je tiens à préciser que l’équipe de production a été adorable, que nous avons été très bien reçus, et qu’ils ont fait le maximum. Nous avions tous le même état d’esprit : on était là pour l’aventure, pour le fort, pour assouvir des rêves d’enfants, pour la compétition ; gagner de l’argent était alors secondaire. L’ambiance ressemblait à celle d’une colonie de vacances, nous étions tous conscients de notre chance, tout le monde avait le sourire aux lèvres. Certains avaient hâte de connaitre les nouvelles règles, d’autres profitaient de l’instant, tout simplement.

Fort Bavard : Un panneau annonce la répartition des candidats dans les différentes équipes ; vous vous retrouvez dans l’équipe de Céline, Christophe et Franck : quelle fut votre première intuition et réaction ?

Marlène : Le tirage au sort était un moment très excitant ! Ça y est, on rentre dans le vif du sujet ! Je découvre mon équipe et mes coéquipiers : je n’avais eu l’occasion de discuter avec aucun d’entre eux. En regardant les autres équipes, je suis un peu inquiète, car je nous trouve plus faibles physiquement. Mais très vite, je constate que nous sommes très complémentaires. On a chacun une spécialité bien précise. La bonne nouvelle de cette saison était que nous choisissions le candidat qui rentrait dans la cellule. À nous de faire connaissance, de définir les qualités, mais aussi les angoisses de chacun, afin d’être réactifs sur le Fort. Ce que nous avons fait. Nous avons passé beaucoup de temps tous les quatre, nous nous sommes très bien entendus, et avons eu le temps de faire des petits entraînements sportifs tous les matins. Christophe connaissait beaucoup de cellules, il avait même ramené du matériel, comme des défis des Maîtres des Ténèbres, pour que l’on s’entraine. Ses connaissances nous ont beaucoup aidés, il « vaut de l’or », notre Christophe !! Notre stratégie était alors d’amener le meilleur d’entre nous dans la cellule concernée, peu importe si certains participent plus que d’autres... il fallait aller le plus loin possible...

Fort Bavard : Les jours suivants, votre zodiaque part enfin en direction de Boyard…

Marlène : Le départ pour le fort est un moment que je n’oublierai jamais. Dès le ponton de l’ile d’Aix, les autres candidats sont là pour nous encourager, et nous faire une haie d’honneur. On ne pouvait pas espérer mieux, une ambiance incroyable. Puis le départ en bateau, on se rapproche du fort, en chantant la musique du générique. À ce moment-là, vous vous rendez compte de votre chance et que vous êtes vraiment privilégié. Certains sont déjà concentrés, d’autres s’émerveillent du moindre détail. On se sent tout petit au pied du fort. Ce monument en pleine mer, c’est vraiment spectaculaire et grandiose, c’était la première fois que je le voyais. Mais il faut vite se ressaisir et se concentrer, car très vite nous voilà dans le vif du sujet ! L’épreuve du « Radeau » !

Fort Bavard : Justement, ce duel, aux côtés de Franck, signe le début de vos performances dans le jeu. Etait-ce une bonne mise en jambe pour ce qui allait arriver par la suite ?

Marlène : Nous savions que le premier duel était important, et qu’il fallait s’imposer dès le début. Nous avions anticipé les duos en cas de portée sur les épaules, et nous nous étions entrainés. La pression était au maximum. Quelques minutes avant l’épreuve, je dis à Franck : « Vas-y avec Christophe... je doute ». Et là, d’un ton ferme, il me répond : « Non, j’ai confiance en toi ! ». C’était ça aussi notre équipe, un coaching permanent, une confiance mutuelle, alors que trois jours auparavant, on ne se connaissait pas ! L’eau est à 14 degrés, le stress est au maximum. Première poussée d’adrénaline. 3, 2, 1, Partez ! Selin et Romain ont de l’avance, mais nous restons concentrés. Finalement notre entrainement a payé, le calme et l’attention de Céline et Christophe aussi. Une joie immense, et un moment très intense !

Fort Bavard : Votre première épreuve solo se trouve être la « Menotte », une des épreuves les plus pièges en terme de temps. Chaque geste compte ?

Marlène : J’étais très curieuse de faire cette cellule mythique... Malheureusement, je perds beaucoup de temps sur une valve qui, en fait, ne se dévisse pas ! C’est le temps qu’il me manque pour finir le parcours. Quelques secondes de retard sont fatales sur cette épreuve. Il faut avoir un rythme régulier. J’étais sincèrement désolée pour mon équipe ; cette défaite m’envoie directement en prison où je rejoins mon adversaire Laurent, qui est bien content d’avoir de la visite... Je pensais rester 30 secondes dans la cellule, juste pour le folklore... mais détrompez-vous ! Vous restez enfermé tout le temps, jusqu’à l’arrivée d’Olivier Minne. Il fait froid, vous n’avez aucune visite, et vous êtes coupé de tout, c’est très frustrant. Heureusement Laurent est un compagnon de cellule adorable, et il en a profité pour me briefer sur le parcours de sortie, avec les rats et les serpents, chose qu’il n’était vraiment pas obligé de faire, en tant qu’adversaire !

Fort Bavard : Olivier Minne vous propose un duel pour donner la possibilité à un de vous deux de sortir, sans embûches, des prisons ; un duel éprouvant, surtout quand la libération est à la clé ?

Marlène : Le duel des « Baguettes » n’est pas évident. On a froid, les mains qui tremblent. Il faut savoir qu’à chaque fois que je vais au restaurant chinois, je demande une fourchette !! J’ai du mal à démarrer, mais très vite je pense aux rats et aux serpents qui m’attendent en cas de défaite, la motivation de gagner ce duel est grande, le déclic se fait d’un seul coup ! Quel soulagement ! Laurent s’en est aussi sorti comme un chef !

Fort Bavard : Votre prochaine épreuve a eu lieu en seconde manche, après le « Relais arbalète », avec un duel contre Anne-Marie des Champions, dans le « Bonneteau » : parlez-nous de votre passion pour la magie.

Marlène : Depuis toute petite, j’ai été bercée dans la magie. Mon père est un passionné, et il s’entrainait à la maison régulièrement. Ça demande des heures et des heures de travail. Il n’y a pas de « truc » à savoir, car c’est le magicien qui mène la danse ! Mais il faut avoir l’œil habitué. Un souvenir inoubliable. En me donnant l’indice, le magicien m’a d’ailleurs lancé un regard qui en disait long. Je souhaitais vraiment avoir une cellule de magie ! Merci papa ! Hors antenne, j’ai aperçu le magicien se déplacer dans le fort, et il faisait des tours, pour distraire les caméramans ou les preneurs de son. Des moments de détentes bien mérités, car ils font un travail incroyable.

Fort Bavard : Enfin, au bout de l’aventure, malgré votre avance sur le nombre d’indices, vous ne trouvez le mot code qu’après vos adversaires, et vous vous sacrifiez même : déçue, j’imagine, de ne pas avoir pu entrer dans la Salle du trésor, prendre des boyards, mais aussi d’avoir perdu ?

Marlène : Elle a vraiment un goût amer cette défaite... encore aujourd’hui, on se refait le film dans tous les sens. Comment a-t-on pu ne pas trouver ce mot code ?! Nous n’avions pas assez anticipé cette phase, trop sûrs de nous peut-être, avec quatre indices et seulement deux pour nos adversaires. En effet, je me sacrifie, car il faut faire vite, et débloquer la situation... Mais ne pas rentrer dans la Salle au trésor reste un de mes plus grands regrets. Car c’est tout de même le point d’orgue de cette aventure. J’aurais vraiment aimé gagner, pas pour l’argent, mais pour le plaisir de retourner sur le fort, le plaisir de rentrer dans d’autres cellules, d’avoir d’autres poussées d’adrénaline. Les épreuves collectives sont dix fois plus prenantes, car c’est un vrai partage, pendant, mais aussi après les épreuves, car on peut débriefer en équipe, et partager nos émotions. Il faut le vivre pour comprendre. Vous aurez beau en parler pendant des heures avec vos proches, difficile de le faire partager.

Fort Bavard : Comment s’est passé le retour sur l’île ?

Marlène : Le retour en bateau est poignant, nos regards, un peu humides, en disent long... Céline a les mots qu’il faut pour me réconforter. Il faut accepter cette défaite. Chacun d’entre nous a tout donné. Bon esprit et bonne cohésion. Les autres candidats nous attendent, et nous réconfortent. À nous maintenant de les encourager, de les rassurer. Nous sommes arrivés sur l’ile d’Aix, vers 13h, vidés, sales, avec encore le goût salé de l’eau de mer dans la bouche, les cheveux poisseux, mais nous ne voulions pas que ça s’arrête... on voulait perdurer le plus longtemps possible l’aventure ; j’ai du me laver vers 20h, et Franck vers 22 h ! Nous avons eu la chance de rester trois jours de plus sur l’île, car nous étions sur le podium final... pendant quelques jours encore. Ça nous a permis de digérer notre défaite, et de partager des moments très émouvants, avec les équipes qui partaient sur le fort.

Fort Bavard : Comment étaient Olivier Minne et le reste de l’équipe du Fort avec vous tous ?

Marlène : L’équipe qui nous entourait était vraiment adorable. Sur le fort, au fur et à mesure des tournages, l’ambiance se détendait. Sur l’île d’Aix, nous avions des vélos à disposition pour nous déplacer, des conditions de vie parfaite. Une envie de nous faire découvrir l’île et ses habitants. Un grand merci d’ailleurs à Alain, qui tient un restaurant sur l’île et qui nous a accueillis comme des rois, tout au long de la semaine. Olivier Minne est très courtois, respectueux du candidat, très professionnel et toujours avec le sourire. En ce qui concerne les épreuves, il y avait Didier [Luca, chargé du développement des épreuves NDLR], qui, régulièrement, nous briefait sur les épreuves que nous risquions d’avoir, sans pour autant nous donner la solution du problème !

Fort Bavard : Avez-vous gardé le contact avec les membres de votre équipe et avec tous ceux que vous avez croisés ?

Marlène : De grandes amitiés se sont créées durant cette aventure, et régulièrement on s’appelle, avec mon équipe, mais aussi avec les autres candidats. Chaque samedi, la diffusion de l’émission est un prétexte pour se voir ou s’appeler. Un week-end à La Rochelle a eu lieu le 7 août, avec une vingtaine de candidats. Un grand moment. Avec comme sujet principal : Le Fort ! Nos amis ou notre famille ne comprennent pas toujours cet engouement... mais une fois que vous avez mis un pied dans ce lieu mythique, difficile de se désintoxiquer !

Fort Bavard : Petite parenthèse : concernant les commentaires enregistrés des candidats pendant l’aventure, à quel rythme étaient-ils réalisés ?

Marlène : Les interviews étaient faites à n’importe quel moment, après l’épreuve, pendant une pause, de retour sur l’île, etc. Parfois en individuel, parfois en équipe. Pas facile pour les journalistes de trouver un moment pour nous interroger. On devait donner nos impressions sur l’épreuve, les différentes stratégies utilisées. Mais avec du recul, c’est superflu, le téléspectateur porte peu d’intérêt à tout ça. Il vaut mieux vivre l’épreuve en visuel de bout en bout. Et apprécier le spectacle plutôt que d’être interrompu régulièrement, par des commentaires parfois évidents !

Fort Bavard : Partante pour une nouvelle saison de Fort Boyard ?

Marlène : Je repars demain, si on me le propose !
Envie de revivre toutes ces joies, ces peines, mais toujours en équipe ! Le principe des duels est passionnant. Ça reste les meilleurs moments. Surtout le duel en fin de phase 1, face à l’équipe de Romain, équipe que je voulais saluer au passage, avec un très bon esprit. Pour les futurs candidats : profitez, savourez, allez-y pour gagner, mais aussi pour partager. Le fort ce n’est pas seulement de la force c’est aussi de la stratégie, de la réflexion, et de la chance ! Alors éclatez-vous ! Il est très rare au quotidien, d’accéder à ce genre de challenge, de surprises ou d’émotions collectives. C’est vrai qu’on n’a rien gagné, même pas un centime... Mais notre trésor, il est au fond de notre cœur, de nos esprits, et personne ne pourra nous le voler !


Interview réalisée par Kévin TOLBIAC.

Merci à Marlène pour sa gentillesse, sa disponibilité et le temps qu’elle a consacré pour répondre à nos questions.

Photos : © France 2 / Gilles SCARELLA

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