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Les habitants de Fort Boyard

Fort Boyard spécial jeux n°1, juillet 1997

Publié le dimanche 30 juillet 2006 par Aurélien LECACHEUR - Directeur de la publication dans la rubrique Dans la presse en 1997.

        

A peine a-t-on posé le pied dans l’enceinte du Fort que l’on se retrouve soudain hors du temps, loin de tout repère géographique. Le cadre, absolument unique, contribue à installer un fascinant climat où se mêlent mystère et fantastique.

Au détour d’une coursive, on croise un pirate patibulaire et ricanant. A l’entrée d’une cellule, un énigmatique Maître des jeux, le visage dissimulé sous un impassible masque vénitien, monte la garde. Assis sur un tabouret, un homme à la stature impressionnante, crâne rasé et bras tatoués, vous contemple d’un air goguenard. Eclair blond sur fond de pierres grises, gracile et furtive silhouette, la sauvageonne se faufile le long des coursives pour enlever l’un des candidats. On se sent épié, jaugé, limite mal à l’aise. D’autant que, de temps à autre, le feulement d’une tigresse ajoute au sentiment d’insécurité. On se trouve vraiment transporté dans un autre monde, et l’atmosphère très étudiée du Fort est responsable à elle seule, dit-on, de 30 % de la perte des moyens d’un candidat. Le décor étant ainsi planté, il est temps maintenant d’en apprendre un peu plus sur les étranges habitants de cette Forteresse.

PATRICE LAFFONT, LE MAITRE DU FORT

Patrice Laffont anime « Fort Boyard » depuis sa création et entame cette année sa huitième saison avec encore plus d’enthousiasme qu’au début. La version 1997 du jeu lui semble encore plus ardue que les précédentes, et c’est avec un plaisir quasi sadique qu’il attend de voir comment les candidats surmonteront les nouvelles épreuves. Quoi qu’il en soit, il est fin prêt pour assumer son rôle « d’affreux » déstabilisateur. « Dans cette émission, explique-t-il, je n’ai pas l’impression d’être un animateur comme les autres. Je tiens beaucoup plus un rôle de comédien. La part d’improvisation est en effet très importante. Tout dépend dès candidats que l’on a devant soi. C’est une aventure humaine qui me plaît bien ». Patrice joue à ravir de sa belle voix grave et adopte un ton délibérément dénué d’aménité. Pas de salamalecs, pas de fioritures, pas de cadeaux. Seuls les plus solides physiquement et psychologiquement s’en sortiront. Pas de pitié pour les faibles... Le soutien affectif, les encouragements, les conseils amicaux ne font pas partie de son discours. D’ailleurs, ce n’est pas à lui qu’incombé cette responsabilité, mais plutôt à Cendrine Dominguez...

CENDRINE DOMINGUEZ, LA FEE DU FORT

Cendrine Dominguez en est déjà à sa cinquième saison à Fort Boyard. En débarquant sur le Fort, en 1993, elle avait décidé de ne pas prendre son rôle à la légère et de s’y investir totalement : « Je suis venue seule sur le Fort bien avant l’émission pour m’imprégner de son atmosphère et comprendre les lieux. J’ai tout de suite senti que cet endroit était authentique et qu’il s’en dégageait quelque chose de magique, d’inquiétant voire fascinant ! ». Enthousiaste et très pro, Cendrine a trouvé très rapidement sa place tant au côté de Patrice Laffont qu’auprès des candidats. « Par rapport à Patrice, précise-t-elle, je suis un peu la bonne fée. Je suis surtout à l’écoute des candidats et j’ai vraiment envie qu’ils gagnent à tout prix ». Pour se sentir encore plus proche et complice des concurrents, elle essaie systématiquement toutes les épreuves. « C’est indispensable, ajoute-t-elle, ne serait-ce que par respect pour les gens qui viennent jouer. Cela me permet de mieux comprendre leurs réactions. Tout ici rappelle l’enfance : on s’amuse, on rit, on a peur, on passe par toutes les émotions. Mais c’est aussi très difficile sur le plan physique. Je cours énormément et, tout en encourageant les candidats, je garde un œil sur la clepsydre (sablier). Fort Boyard est un jeu mais c’est aussi un spectacle. Nos personnages sont très typés, comme dans les contes pour enfants. Et moi, j’ai la chance d’être la gentille. »

Inutile de chercher chez elle la moindre trace de lassitude à la veille de sa cinquième saison au Fort : « Je suis vraiment heureuse de le refaire. Je retrouve à chaque fois des sensations de joie, de plaisir et de bonne humeur. Je revis les mêmes angoisses, les mêmes émotions, avec une fraîcheur intacte. Si j’étais blasée, je ne pourrais pas donner toute ma spontanéité. »

LE PERE FOURAS

Gardien des clés, il est sans âge et sans nom, et son érudition et sa sagesse sont incommensurables. C’est lui qui concocte les énigmes qu’il soumet ensuite à la sagacité des candidats. Il vit en ermite dans la vigie, le point culminant du Fort, d’où il peut tout surveiller. Qui est-il réellement ? Bon nombre de légendes circulent sur sa vie... Il aurait été acrobate et jongleur à la cour de Louis XIV, marchand d’épices à Venise, cartomancien du temps de Nostradamus... La vérité sur son identité reste, comme la plupart des énigmes, un secret bien gardé qu’on ne se risquera, sous aucun prétexte, à révéler...

LA SAUVAGEONNE

Gardienne de la presse avec laquelle sont frappés les « boyards » qui alimentent chaque semaine le trésor du Fort, la Sauvageonne apporte une note de mystère et de sensualité à l’atmosphère du Fort. Muette, elle ne s’exprime que par gestes ou avec la densité de son regard bleu. Mais une fois le jeu terminé, elle devient intarissable lorsqu’il s’agit d’évoquer son rôle dans Fort Boyard : « La Sauvageonne est un personnage taquin, espiègle, voire coquin, analyse-t-elle. Elle doit ralentir les candidats, les attirer, les distraire, s’amuser avec eux. Elle doit être totalement inattendue et imprévisible, intervenir par surprise et observer les candidats en permanence. » Dans la réalité, la Sauvageonne s’appelle Iléana Brillant. Elle est née à Lille il y a 27 ans et est devenue comédienne après avoir étudié, sans grande conviction, les Sciences éco. Si son rôle de Sauvageonne l’a rendue populaire auprès de millions de Français, c’est dans des rôles plus discrets qu’elle a fait son apparition sur le grand écran, ou on a pu la voir dans « Elisa », avec Vanessa Paradis et à la télévision dans « Une nounou pas comme les autres » au côté de Mimie Mathy.

LA BOULE

La Boule est responsable de la durée du jeu. H en donne le départ et en signale la fin d’un coup de gong. Également geôlier, il prend un plaisir évident à pousser sans ménagement, dans la Salle du Conseil, les candidats hésitants. La Boule, c’est Yves Marchesseau, qui est en quelque sorte « le régional » de l’étape, car il habite Berneuil, petit village charentais proche de Saintes. Dans le civil, La Boule est représentant pour une grande marque de... boules de pétanque. Quand il a entendu sur une radio locale que l’on recherchait un gros gabarit pour Fort Boyard, il a estimé que ses 114 kg répartis sur seulement un mètre soixante-trois correspondaient tout à fait au profil désiré. Bien lui en a pris car il est devenu désormais une « grosse » vedette en Charente et ailleurs.

JABA, LE PIRATE

Avec sa dégaine nonchalante et son attitude un tantinet condescendante, Jaba le pirate possède la rapidité du cobra. Dès qu’il a une arme entre les mains, il est métamorphosé. C’est un fameux maître d’armes, un fin bret-teur. Ce qui ne l’empêche nullement, dès qu’il a remis sa rapière au fourreau, de monter les coups les plus pendables avec son inséparable complice, La Boule. Yan Lukes, qui prête ses traits à Jaba, est un cascadeur de 47 ans, spécialiste de films de cape et d’épée. Originaire de Pilsen, en Bohême, ce passionné d’Histoire est incollable sur la chevalerie et la Seconde Guerre Mondiale. Quand il n’est pas sur le Fort, il se livre à ses activités manuelles préférées et travaille le bois, le cuir et le métal quand ce n’est pas le tissu. Il a d’ailleurs entièrement réalisé son costume de pirate, jusqu’au crochet qui lui sert de main.

PASSE PARTOUT

Passe-Partout dirige la troupe des candidats d’épreuve en épreuve à travers le Fort, dont il connaît le moindre recoin. Il est chargé de rassembler les clés gagnées au fur et à mesure du déroulement de l’émission. Passe-Partout, c’est André Bouchet. Âgé de trente ans, il mesure Un mètre trente-quatre. Quand il ne tourne pas, il redevient comptable par intérim et continue d’exercer le métier de comédien : « Je n’accepte cependant pas, précise-t-il, les rôles où l’on me prend pour un guignol ». Toujours prêt pour l’aventure, André aime aussi participer à certaines épreuves et garde un merveilleux souvenir de son expérience au saut à l’élastique.

PASSE TEMPS

Sablier en main, Passe-Temps, comme son nom l’indique, est chargé de faire respecter le laps de temps imparti au candidat qui se soumet aux énigmes du Père Fouras.

Avec son mètre vingt-huit, Alain Prévost est lui aussi une personne de petite taille : « mais ça ne me dérange pas que l’on dise « nain », nuance-t-il, puisque c’est la réalité ! ». Âgé de quarante-trois ans, électronicien de formation, il est également responsable de l’entretien de la salle des sports de Bolbec, en Seine Maritime. C’est là qu’il s’est découvert une véritable passion pour la lutte. Doté d’une musculature impressionnante, il fait également partie de l’équipe de catch « Hesh Gordon ».

ARIANE

Avec ses tatouages pour tout vêtement, Ariane, Stéphanie Lesage à la ville, est aux candidats de Fort Boyard ce que Nausicaa fut à Ulysse : une enchanteresse. Gare à celui qui tombe sous son charme, il risque de ne plus avoir la force de repartir. Avec son indice à fleur de peau, difficile de ne pas se sentir troublé par celle dont la présence fait perdre et la tête et le fil.... Hors du Fort, cette jeune fille de dix-neuf ans est étudiante en première année de Droit à La Rochelle. Elle ne monte d’ailleurs jamais sur le Fort sans sa pile de Dalloz, qu’elle consulte très sérieusement, ce qui amène ses camarades de jeu à penser que sa tête est aussi bien faite que le corps qui la porte.

L’HOMME FORT

Irréductible et fier, il est aussi Fort que le Père Fouras est sage. A voir ses prestations dans les épreuves du bras de fer et du cabestan, personne n’en douterait. Dans la vie, Franck Forestier, trente ans, diplômé du CREPS, est champion de France de force athlétique, et donne des cours de musculation dans une salle de sports de Rochefort. Et comme toutes les personnes dotées d’une impressionnante musculature, ce qu’il cultive avant tout, c’est sa force intérieure.

LA LUTTEUSE

Affronter la lutteuse, dans la boue de surcroît, n’est pas une sinécure. Même si ce traitement est recommandé pour les rhumatismes ! Sylvie Manquest, 23 ans, tonique à souhait, habile, souple, fine stratège, possède évidemment un tempérament de gagneuse. Quand elle ne traîne plus dans la boue les candidats du Fort, elle donne elle aussi des cours de musculation et de fitness dans une salle de gymnastique de La Rochelle.

LE MAGICIEN

Obtenir une clé face au magicien du Fort relève du miracle. Son habileté et sa rapidité sont telles qu’on dirait qu’il a quatre mains. Et l’on défie quiconque d’essayer de lire dans son regard sous peine de s’y noyer. Ce manipulateur de génie est le roi du bonneteau. Gilles Arthur, 37 ans, est bien connu des amateurs de tours de magie depuis qu’il a animé « Attention Magie » sur France 3 et qu’il s’occupe aussi des « Mandrakes d’Or », un festival de magie visant à récompenser les tours les plus spectaculaires.

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