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Raymond Khamvène : le sumo des Charentes !

Par F. K., Télé Star, été 1993

Publié le samedi 29 juillet 2006 par Aurélien LECACHEUR - Directeur de la publication dans la rubrique Dans la presse en 1993.

        

Le garçon tend timidement une feuille de papier et bredouille sa demande d’autographe. Le visage de Raymond s’illumine et ses yeux disparaissent un peu plus.

« La saison dernière, on m’interdisait de sourire à l’écran, explique le « sumo » de « Fort Boyard ». Alors, les gens se demandaient si j’étais vraiment méchant ! » Cette année, il se paye quelques fous rires, mais n’en reste pas moins impressionnant, avec son 1,76 m et ses 125 kilos. Inlassablement gentil, aussi, avec les curieux qui se précipitent dans son restaurant.

IL DOIT SA CARRIERE AU JUDO !

Sonneur de gong et surtout acteur, Raymond Khamvène est devenu restaurateur à Fouras, cette presqu’île de Charente-Maritime qui sert d’embarcadère pour le Fort Boyard. « J’étais venu trouver un appartement à louer pour la saison quand j’ai entendu parler de ce restaurant. » Aidé de quelques frères et sœurs, Raymond peint et décore sans relâche pour transformer l’endroit en ambassade de la gastronomie thaïlandaise, instaJIe ses parents, restaurateurs à Paris, et plante son enseigne : K.V. Sumo. Depuis, le commentaire du petit train touristique de Fouras l’évoque lors de ses visites.

Restaurateur le soir, Raymond évite les insolations le jour, sur le fort. « C’est comme aller à l’école. On se lève tôt, à cause des marées, et une fois sur place, on ne peut plus sortir prendre un café i Les cadreurs font des parties de foot, moi,je lis, ou je m’offre une sieste. » Sumo, il va le rester encore quelques semaines, le jeu ayant été vendu à la Norvège, au Danemark, à la Suède et au Canada. Faux sumo, en fait, car s’il pratique les arts martiaux, Raymond a renoncé à devenir l’un de ces demi-dieux vénérés au Japon. « Il faudrait grossir et s’entraîner cinq heures par jour. Grossir, je pourrais, mais l’entraînement, avec mon métier, je n’ai pas le temps. » Il poursuit néanmoins le judo, sport auquel il doit sa carrière.

Né au Laos d’un père vietnamien et d’une mère chinoise, Raymond est arrivé en France à 11 ans, après un « détour » d’un an dans un camp de réfugiés en Thaïlande. A19 ans, il participe aux championnats de France de judo. Le père d’un de ses adversaires, publicitaire, lui conseille de se présenter à une audition. La mode des sumos et du Japon aidant, Raymond est sollicité pour des spots. Parallèlement, il suit des cours de comédie. « Plus jeune, j’étais très complexé parce que gros et chinois. Le théâtre m’a libéré. » En 1987, Iradj Azimi l’entraîne en Guadeloupe pour son .film fleuve, « Le radeau de La Méduse ». « Quand j’ai signé, j’ai cru que je rêvais. J’avais pour partenaires Jean Yanne, Terzieff, Mesguish, Claude Jade. » (Après quelques déboires, le film devrait enfin sortir cette année.) On voit ensuite sa mine de chat gourmand dans un « David Lansky », deux films de Mocky, et d’autres publicités. Comme il s’apprête à tourner d’autres séries, le petit train de Fouras continuera à parier du sumo des Charentes.

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