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Revivez l’émission de « La Chasse au trésor » à Fort Boyard ! (1981)

Une aventure exceptionnelle quelques neuf ans avant « Fort Boyard ».

Publié le samedi 21 juillet 2007 par Kévin TOLBIAC dans la rubrique Reportages.

        

1981, Philippe de Dieuleveult, aventurier en vogue à la télévision, se donne corps et âme pour tenter de rejoindre le vaisseau de pierres, clé de l’énigme du jour. Redécouvrez cette émission exceptionnelle.

  • Émission : Saison 1 - 23e émission.
  • Chaîne de diffusion : Antenne 2.
  • Date de diffusion : dimanche 6 septembre 1981, à 18 h.
  • Animation : Philippe Gildas et Philippe de Dieuleveult.

Les candidats :

  • Annie NICOLAS - Femme au foyer.
  • Gérard NICOLAS - Responsable de gestion commerciale dans une mutuelle d’assurance.
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Nous sommes le dimanche 6 septembre 1981, quand, à 18 h, pour la 23e fois, la musique du générique de La Chasse au trésor retentit. Philippe Gildas accueille les candidats et ne leur rappelle que brièvement le principe de l’émission, étant donné qu’ils ont déjà regardé les cinq diffusions en France (l’émission étant enregistrée au printemps), tout comme les téléspectateurs.

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Il insiste donc surtout sur le fait que le plateau ne dispose pas des images du terrain, détail qui aura son importance en fin d’émission. Il décrit alors rapidement la région dans laquelle va se dérouler le jeu, en Charente-Maritime, du côté de La Rochelle, avant de confier quelques détails historiques et géographiques, puis de donner la parole à Philippe de Dieuleveult.

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Celui-ci continue de décrire l’environnement où il se trouve et donne des précisions sur le lieu exact du départ : au sud de La Rochelle, au nord de Rochefort, dans la baie d’Yves et sur la pointe du Rocher. Sur demande de Philippe Gildas, Dieuleveult présente son équipe : le caméraman, Jean-Yves Lemener, l’ingénieur vidéo, Bruno Delattre, le pilote de l’hélicoptère, un Bell Jet Ranger, Jean-Marie Lauriol, mais aussi l’ingénieur du son, Patrick Lucas, qu’il présentera plus tard, suite à un oubli.

Retour dans les studios de Boulogne-Billancourt où Philippe Gildas demande aux deux candidats de se présenter : Annie Nicolas, femme au foyer, et son mari, Gérard, responsable de gestion commerciale dans une mutuelle d’assurance, tous deux habitant Dijon, en Côte d’Or, partagent alors quelques information sur eux. Après leur avoir souhaité bonne chance, il décachette enfin l’enveloppe contenant le texte de l’énigme, précisant que pour les producteurs le moindre mot compte, qu’il remet aux candidats avant d’en faire la lecture, deux fois.

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« Je suis venu saluer l’Empereur une dernière fois sur le lieu de son embarquement. En souvenir, il m’a jeté une tabatière que j’ai enfouie, en passant, pendant mon retour au pied d’un corps de pompe dans les soubassements d’un grand édifice en construction ». Le trésor à trouver est donc la tabatière de Napoléon, et qui vaudra 30 000 francs (soit plus de 4 570 euros) si elle est retrouvée à temps. Philippe Gildas rappelle les règles puis Dieuleveult déclenche sa montre en même temps que le chronomètre du présentateur. Top ! C’est parti pour 45 minutes d’aventure, pas une seconde de plus !

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Les candidats demandent à Philippe de Dieuleveult de mettre son hélicoptère en « stationnaire », position dans laquelle l’hélicoptère est dans les airs, mais immobile, pendant qu’ils décortiquent l’énigme. Il pourrait s’agir, peut-être, de l’embarquement pour l’île d’Elbe. Il faut maintenant définir la date pour voir quel édifice était en construction à ce moment-là ; ils feuillettent alors les livres, qui ont été mis à leur disposition, sur Napoléon et sur la région. Le candidat pense, alors, à trouver une maison ou un musée sur Napoléon. Sa femme et Gildas se retournent vers la grande carte à la recherche d’un de ces lieux ; ils trouvent une Maison de l’Empereur sur l’île d’Aix. Philippe de Dieuleveult quitte donc les carrelets, direction plein Ouest, pendant que Gérard partage l’information qu’il vient de trouver : le 15 juillet 1815, Napoléon embarque depuis l’île d’Aix sur un bateau qui était ancré au Fort Boyard, et s’en va, triste, vers une autre petite île... le lieu de l’embarquement serait donc l’île d’Aix. Mais il faut retrouver ce grand édifice, car c’est là où se trouvera le trésor et non sur le lieu de l’embarquement. Les recherches se portent alors sur le « je » de l’énigme.

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Un peu plus de 6 minutes se sont écoulées, soit 1/9e de leur temps. Philippe arrive au-dessus de l’île d’Aix, et son hélicoptère se pose sur un rempart du port. Il cherche des personnes qui pourraient l’aider et tombe sur un sauveteur en mer ; ce dernier lui dit que l’Empereur a embarqué à la Pointe Sainte Catherine, le point le plus au sud de l’île. Gérard lit, pour Philippe, une autre information sur le départ de Napoléon ; Philippe Gildas fait remarquer que comme il est écrit qu’il ne reverra plus la France, l’énigme doit être transposée en 1815, et ce n’est donc pas un départ pour Elbe, mais pour Sainte Hélène. Les candidats et le présentateur pataugent alors, ne comprenant pas bien l’énigme ; « Dépêchez-vous parce que ce monsieur n’a pas que ça à faire » lance, avec un peu d’humour, Philippe pour tenter d’accélérer les choses. 11 minutes se sont écoulées et peu de solutions ont été trouvées. Gildas récapitule donc l’énigme et ce qu’ils ont trouvé pour avancer. Une décision est prise : Dieuleveult doit s’envoler pour le Fort de la Rade, qui ne se situe que derrière les remparts du port. Autre information : l’Empereur est passé par Rochefort et Fouras, près du Fort Enet.

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Philippe se trouve donc maintenant au milieu du Fort de la Rade, avec au loin le Fort Boyard, pour trouver un corps de pompe dans les soubassements. « Corps de pompe... corps de pompe... pompe à eau ? » demande-t-il, « Oui, sûrement » répond le candidat. Dieuleveult avait aperçu, depuis l’hélicoptère, une personne qu’il essaye de retrouver, maintenant qu’il est à terre. Il rencontre alors deux hommes l’informant de la présence d’une grosse citerne d’eau avec une pompe. Au milieu du trajet pour voir cette pompe, il hésite à revenir à l’hélicoptère pour chercher sa poêle à frire, en vue de déterrer l’objet, mais continue son chemin. Il trouve alors un robinet et non un corps de pompe. « C’est un robinet qui n’est pas tout jeune (rires) - Mais il n’est pas de 1815 ? demande Gildas - Non non, non non ! ». Malheureusement, le trésor ne se trouve pas ici... Philippe doit demander maintenant au jeune homme s’il existe d’autres forts construits à cette époque dans le continent. « Ici, il y a le Fort Boyard » répond la personne. « Non, mais sur l’île ! » coupe Gildas ; le jeune homme répond de ce fait le Fort Liedot, situé au nord de l’île. Sur le plateau, tout le monde hésite entre rester sur l’île et voir ce fort ou revenir sur le continent, mais les candidats décident que l’animateur doit rester à Aix. Philippe part donc maintenant pour Liedot, pendant que Gérard et Annie cherchent des informations sur cette forteresse. 20 minutes se sont écoulées, et les candidats ne trouvent pas grand-chose dans les livres sur ce fort.

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Cependant, Gérard trouve une information concernant Boyard et pense que ce fort peut être une piste. À cela Dieuleveult ajoute « Les studios ? Le jeune homme, lorsque je lui ai parlé, il m’a parlé du Fort Boyard aussi ! ». Mais Philippe Gildas pense qu’il s’agit peut être d’une mauvaise piste, car, d’après l’énigme, le personnage mystère a enfoui son trésor en revenant chez lui, or ce fort est en pleine mer... « À moins d’avoir affaire à un nageur ! » ajoute-t-il...

Nous sommes à la moitié de l’émission et Philippe vient de se poser sur les murailles de Liedot. L’hélicoptère se met alors en stationnaire et filme Dieuleveult en train d’escalader, de sauter, de courir d’un bout à l’autre du fort, mais il ne trouve personne. Au studio, tout le monde se penche déjà sur le Fort Enet et pense que la tabatière est bel et bien du côté de Fouras et qu’il faudra y envoyer Philippe, après avoir inspecté le Fort Liedot ; à quoi Gildas ajoute aux candidats que si le trésor est bien à Enet « vous auriez le record ! » (en terme de temps). De retour à l’île d’Aix, Dieuleveult décrit ce qu’il voit et des aspects militaires du site, puis voit un corps de pompe ; cependant, des pavés se trouvent juste en dessous, empêchant tout creusage et signifiant que le trésor ne se trouve pas là. Il doit donc remonter. Le couple n’arrive finalement pas à se décider sur la prochaine destination, à savoir rester sur l’île ou aller à Fouras. « Monsieur, Madame, je ne veux pas de scène de ménage, à vous de choisir ! (rires) » répond alors Philippe Gildas. Nouvelle petite récapitulation par le présentateur, ce qui aide les candidats à choisir le Fort Enet. Gildas demande pour cela aux candidats de chercher des informations, dans un premier temps, sur Enet, puis sur le Fort Boyard.

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L’hélicoptère se pose maintenant sur la plage de rocher qui entoure le fortin près de la Pointe de la Fumée, et Philippe demande au caméraman et au preneur de son de rester dans l’appareil pendant qu’il cherchera le corps de pompe, afin de ne pas perdre de temps. Il descend ensuite dans la cour intérieure, mais ne voit rien. Gérard dit alors qu’il faut tenter le Fort Boyard, ce à quoi Philippe mentionne de nouveau que le jeune homme au Fort de la Rade lui avait parlé de cet édifice. Gildas annonce alors qu’ils ne comprennent pas bien l’énigme et le fait, pour l’auteur de l’énigme, de passer par un bâtiment en pleine mer, mais rappelle que Gérard est le « maître de [leur] enquête », lui conférant ainsi la tâche de décider. Il reste 13 minutes, et Philippe Gildas demande à Philippe de Dieuleveult de « [partir] pour Fort Boyard ! », plein Ouest, pendant que ce dernier court rejoindre son hélicoptère. Il y a 6 kilomètres à parcourir, il faut donc que le pilote se dépêche. C’est donc parti pour... le Fort Boyard !

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Pendant le trajet, le caméraman filme les bateaux et le fort au loin, dans la brume. Il reste 10 minutes quand ils passent à la Pointe Catherine, au Sud de l’île d’Aix, et qu’ils se retrouvent maintenant, « pile en face du fort ».

« Nous qui ne voyons rien, il fait beau ? demande Gildas

  • Ici, le temps est beau [...].
  • Il y a beaucoup de vent ?
  • Oui, ce matin quand on était au début de l’émission, ça soufflait [...] !
  • Donc, ça doit se faire sans problème à Fort Boyard l’atterrissage ?
  • Oh bah, normalement oui ! »

Etant donné que l’hélicoptère est à quelques kilomètres encore du fort, et comme le studio parisien est orphelin de toute image, Philippe décrit le fort : « C’est vraiment comme un navire […]. Il y a des fenêtres, comme des grosses meurtrières, ça doit être des emplacements pour les canons je pense, pour protéger ». « Et l’île autour est grande ? » demande Gildas, « Ah non non ! Il y a juste la construction ! Et il y a beaucoup d’oiseaux ! ». Cette annonce surprend alors ceux présents en région parisienne, concernant l’atterrissage ; Gildas réplique alors avec humour, pour dédramatiser la situation : « Et vous pensez que dans les plans de Napoléon, il y avait la place pour un hélicoptère ? ». « Je ne sais pas. » répond Dieuleveult en riant.

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Il reste 8 minutes 30. L’hélicoptère prend de l’altitude et fait le tour du fort pour savoir où se poser. Le présentateur demande à Dieuleveult si Boyard correspond à la description faite dans l’énigme, ce à quoi il répond par l’affirmative en donnant des mensurations approximatives de l’enceinte. Après avoir fait un tour complet de la forteresse, le pilote tente un premier atterrissage sur le parapet... peu concluant. En effet, à cause du vent, l’hélicoptère n’arrive pas à se poser et manque de chuter dans l’eau. Jean-Marie Lauriol va tenter la chose une nouvelle fois. « C’est notre dernière chance, dit Philippe Gildas, car on ne pourra pas aller ailleurs... mais on ne sait pas où ailleurs ! Cet édifice rassemble pas mal des arguments dont nous avions besoin ». Après s’être éloigné du vaisseau de pierre, il retente une approche... « Il y a beaucoup de turbulence ! » crie Dieuleveult, devant l’hélicoptère vacillant de tous les côtés et manquant de dégringoler. Cette fois, l’appareil n’a pas réussi à se mettre juste au-dessus du parapet... « Écoutez, on a un problème ici, le pilote n’arrive pas à s’approcher du rempart... » et l’hélicoptère s’éloigne à nouveau.

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Une certaine panique s’empare des protagonistes de l’émission du fait de la présence de vent violent, et d’une plage autour du fort, un rocher, où il est impossible de s’y poser. « Écoutez, vous êtes sûr que c’est là ? » demande même Philippe, « Ha ha ! Bah non ! (rires)  » répliquent les candidats. Soudain, l’animateur de terrain a une idée : « Écoutez, je veux bien essayer un truc, si le pilote est d’accord. Il y a un escalier au bord du fort, moi, je veux bien me foutre à l’eau ! », « Ne prenez pas de risque quand même ! » rétorque Gérard. Le pilote fait une dernière tentative, survole le parapet, puis la terrasse, mais l’engin est de nouveau repoussé vers l’extérieur.

« De toute façon, les 5 minutes qu’il nous reste, il faudra mieux les passer là, parce qu’on ne voit pas très bien où on peut aller ! » déclare Philippe Gildas. « Bon écoutez [...] tant pis, je ne sais pas à quelle température est l’eau, moi je veux bien y aller ! OK ? ». L’appareil s’éloigne encore une fois de la forteresse.

« Parce que ça veut dire qu’il faut sauter dans l’eau ? demande Gildas

  • Oui, puisqu’on ne peut pas se poser autour ! répond Dieuleveult
  • Et on ne peut pas vous poser sur le rempart ?
  • Non, mais il a essayé trois fois le pilote !
  • Non, mais vous poser, vous ?
  • Bah... non, on n’a pas encore posé un patin !
  • Non, mais vous posez avec votre échelle ?
  • Avec mon échelle ? Je n’ai pas d’échelle moi !
  • De corde !
  • Ah, mais c’est trop risqué avec le vent qu’il y a, vous savez ! [...] Écoutez, le pilote me dit que je peux sauter donc moi j’y vais ! OK ? »
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L’hélicoptère fait une nouvelle fois le tour du fort. Philippe déclare qu’il va prendre un gilet de sauvetage, étant donné que sur le plateau l’atmosphère est gagnée par l’inquiétude, surtout chez Gildas. Du fait que son portable, servant à communiquer, n’est pas étanche, Philippe de Dieuleveult doit couper la liaison, et demande à Bruno, l’ingénieur vidéo, de le lui jeter une fois arrivé à la terrasse du fort.

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Le pilote fait, une dernière fois, éloigner son engin du vaisseau de pierre, afin de mieux s’en approcher plus tard, et ce pendant que Philippe enlève son matériel et met son gilet de sauvetage. Étant donné que, sur le plateau, ils ne peuvent plus rien faire et que le sort de l’émission est désormais scellé, Philippe Gildas, Gérard et Annie font une dernière récapitulation. Ils en concluent que cela ne peut être qu’à Fort Boyard, mais ne comprennent toujours pas qui est le fameux « je », sûrement un marin présent lors de la dernière escorte de Napoléon Ier. L’hélicoptère revient donc vers le fort, au ras de l’océan, Philippe est sorti sur le patin de l’appareil, et gonfle son gilet. « Il ne faut pas qu’il se soit noyé ! » plaisante Gérard, mais Philippe Gildas le rassure en lui disant qu’il est très bon nageur.

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Il reste 2 minutes 30 quand Philippe saute dans l’eau glacée de l’Atlantique. Si le corps de pompe en question se trouve bel et bien là, Gildas déclare : « Je ne sais même pas comment il va nous faire un signe à nous ! Tout le monde aura vu que vous aurez ou gagné ou perdu, et nous, nous ne saurons rien du tout ! (rires)  ». Il reste 2 minutes, et le présentateur souhaite que Dieuleveult court déjà dans l’enceinte, ce qui n’est pas le cas : il nage toujours. À environ 1 minute 30 de la fin, il arrive enfin à s’accrocher aux marches de granit couvertes d’algues, avant de remonter le grand escalier à toute vitesse, tout en défaisant son gilet. Philippe s’engouffre enfin dans le fort par la porte principale, et l’hélicoptère ne peut maintenant filmer que l’entrée.

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« On entend le bruit de la mer... mais plus Dieuleveult... (sourire)  », puis le présentateur fait le décompte. Les candidats s’en amusent. « En tout cas, vous prenez ça avec le sourire ! - De toute façon, y a plus que ça à faire ! (rires)  ».

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À 30 secondes de la fin, les images de la caméra sur le terrain réapparaissent ; le pilote survole le fort et sa cour centrale, puis le caméraman zoome vers l’entrée principale : Philippe est en train de creuser au pied d’un corps de pompe. À 44 minutes 46, il ressort la main du trou avec le trésor, saute de joie, puis court vers le grand escalier en chêne au Sud. 14 secondes plus tard, le gong retentit : c’est terminé !

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Philippe Gildas déclare alors que c’est la première fois qu’une telle situation se produit dans l’émission, mais insiste sur le fait que cela ne veut pas dire qu’ils ont perdu ; tous les spectateurs connaissent le dénouement sauf eux. Il prend maintenant le petit coffret où se trouve l’énigme, enlève le sceau qui le ferme, puis ouvre la lettre avec un couteau : ils seront ainsi fixés sur le lieu où se trouvait le trésor, mais ils ne sauront pas pour autant si Philippe de Dieuleveult y est arrivé à temps. Ils ont enfin la confirmation que le trésor se trouvait bel et bien au Fort Boyard. Retour au pertuis d’Antioche, où Philippe vient d’arriver sur la terrasse, puis marche en direction de l’engin, proche de l’ancienne horloge, tout en brandissant la tabatière.

Arrivé sous l’appareil, le preneur de son et le caméraman lui envoient le portable, accroché à un câble, mais l’animateur a des difficultés pour le rattraper à cause du vent.

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« Allô Paris ! Paris ! J’ai le trésor ! ». Très essoufflé, Philippe confirme être en possession de la tabatière de Napoléon, tout en expliquant avoir trouvé le corps de pompe dès son arrivée, mais a dû creuser de ses mains comme il n’avait pas sa pelle avec lui. Gildas lui demande alors si l’objet a été découvert à temps, étant donné qu’ils n’ont pas eu de confirmation, mais l’animateur de terrain lui répond qu’il ne sait pas non plus, provoquant dès lors l’hilarité sur le plateau.

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« Il faut qu’ils aient gagné ! Hé, j’ai failli me noyer, moi ! », ajoutant que sa non connaissance du résultat était due au fait que sa montre n’était pas étanche sous l’eau. Après concertation pour connaître le temps qu’il aurait pu mettre pour arriver dans le fortin et déterrer le trésor, les animateurs et les candidats pensent que la victoire est acquise. Philippe Gildas lui donne l’explication finale, mais Philippe s’amuse avec le caméraman puis lui fait signe de partir.

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« Attendez ! Attendez ! Attendez ! » s’exclame Philippe. « Non, Jean-Yves [ndlr : le caméraman], tu essayes de te poser ; si tu ne peux pas, tu m’envoies un bateau ! » pendant que ce dernier le salue de la main ; « Et une couverture ! (rires)  ». Gildas ironise : « Sachant que Dieuleveult se sort de toutes les situations, il ne restera pas là où il est en ce moment en difficulté ! », puis il félicite les candidats. L’équipe de terrain s’éloigne de la forteresse, laissant Dieuleveult seul au milieu de la mer.

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Philippe Gildas remercie Philippe de Dieuleveult et son équipe ; « Je crois qu’aujourd’hui vous avez fait une performance de plus, dans votre palmarès ! » lance-t-il avec humour, avant de donner rendez-vous aux téléspectateurs pour une prochaine émission.

Générique de fin.

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Anecdotes :

  • Une « émission-test » (encore appelée « maquette » ou « pilote ») a été tournée début 1980. Le lieu où se trouvait ce tout premier trésor n’était autre que... Fort Boyard ! Celle-ci diffère des émissions diffusées par le fait que l’animateur de terrain était un animateur connu de l’époque, en la personne de Marc Menant. Aussi, dans le studio, le présentateur principal, qui ne serait pas Philippe Gildas, devait aider un candidat unique. Enfin, l’hélicoptère n’aurait pas été utilisé comme moyen de transport (pour accéder au fort, le bateau a pu être utilisé). Cependant, Patrick Fabry, un des caméramans de La Chasse au(x) trésor(s) était présent ce jour là ; il sera absent lors de l’émission d’avril 1981.

Malheureusement, à la vue des images, la direction d’Antenne 2 n’a que peu apprécié le concept ; les défauts sembleraient divers, comme l’animateur qui n’aurait pas été à la hauteur, des problèmes techniques sur le plateau ou encore des problèmes liés aux moyens de transports, rendant l’émission moins dynamique que ce qu’elle semblait être.

Mais Jacques Antoine refusa d’abandonner son concept : pour cela, il cherchera un nouvel animateur de terrain, inconnu cette fois-ci, et fera passer aux candidats à la sélection un casting assez musclé, avec des épreuves telles que descendre de l’immeuble de la production par la fenêtre du bureau, interpeller des passants pour leur poser des questions (les animateurs potentiels avaient une oreillette et un des producteurs dictait un ordre, puis un autre), suivre des voitures, etc. Philippe de Dieuleveult sera sélectionné. Pour prouver que l’émission pourra être réalisée n’importe où (la chaîne contactée pensant que le « pilote » ne permettait pas de garantir un même succès de réalisation à l’étranger) Jacques Antoine aura volontairement fait la première émission avec Dieuleveult dans un pays glacial aux conditions extrêmes : le Groenland...

Malgré ces changements, « l’émission test » sera montrée aux candidats des premières émissions, et beaucoup d’entre eux furent étonnés de voir la même année une émission sur le même lieu.

  • L’émission tournée avec Dieuleveult à Fort Boyard a été filmée le mercredi 22 avril 1981, tôt le matin, en raison de problèmes avec la marée. Plus de 20 minutes sont consacrées au Fort.
  • Durant l’aventure, le deuxième micro de Philippe de Dieuleveult, utilisé généralement pour les passants lorsqu’ils sont interrogés, ne fonctionnant pas, il dût prêter son micro-casque pour que leurs dires soient entendus.
  • Plusieurs malheurs se sont abattus sur le pauvre Philippe de Dieuleveult lors de son passage au Fort Boyard. D’après son autobiographie et les dires de Jacques Antoine, tout d’abord, dans la précipitation, son gilet de sauvetage, trop serré, l’empêchait de respirer, d’où sa volonté de se débarrasser rapidement de celui-ci une fois arrivé au grand escalier. L’hélicoptère, resté près de lui pour pouvoir le filmer, a ralenti considérablement sa nage : le souffle des pales du rotor l’enfonçait littéralement dans l’eau, obligeant Philippe à faire du surplace ; épuisé par l’effort, il a failli couler, mais s’est surpassé pour ne pas « mourir sous l’objectif d’une caméra, devant des millions de téléspectateurs ». Puis, le vent trop violent obligea l’équipe à revenir chercher Philippe trois heures plus tard, de quoi partager la solitude de Boyard...
  • C’est à la suite de cette émission que les producteurs ont fait l’inventaire des possibilités physiques de Dieuleveult, et ont corsé l’émission, mettant l’animateur dans des situations embarrassantes, obligé de faire de coûteux efforts pour parvenir à sa tâche (plonger, escalader, hélitreuiller, etc.), et ce dans le but de renforcer la tension et le suspens. Mais ce ne sera rien à côté du fait qu’un an plus tard, le titre se mettra au pluriel pour devenir La Chasse aux trésors, où il faudra, toujours dans le même temps imparti, trouver trois trésors.
  • Le Bell Jet Ranger (plus précisément un Agusta-Bell AB-206B Jet Ranger III) utilisé pour cette émission, a été rapporté, selon le magazine VSD, comme étant l’hélicoptère privé de Jacques Antoine ; cependant cette rumeur est infondée et incorrecte. L’appareil appartenait à l’entreprise Air Angoulême au moment de l’émission, et fut le premier hélicoptère privé à avoir été utilisé en France pour le SAMU. Il a été un temps stationné dans un hangar de Toussus-le-Noble, en région parisienne.
  • Aujourd’hui, les corps de pompe du Fort, au nombre de deux (un de chaque côté de l’entrée principale), sont toujours présents.
  • Le chronomètre et le coup de gong utilisés lors de La Chasse au(x) trésor(s) seront repris pour Les Clés de Fort Boyard, en 1990.

* Mentions légales :

Captures : © France 2 / Adventure Line Productions

Image satellite originale : © Google / Google Earth

  • Sources :

Remerciement spécial à mon ami Jean-Jacques, qui m’a fait partager cette émission, la photographie prise pendant ce tournage, sa passion et son savoir.

  • Vidéo annexe :

Philippe de Dieuleveult, aventurier de la télévision, avec entre autres Jacques Antoine et Sylvain Augier, Télé 7 Jours, 1998.

  • Livres :

J’ai du ciel bleu dans mon passeport, Philippe de Dieuleveult, Editions Grasset, 1984.

Les Cahiers d’Oléron - Fort Boyard : Vaisseau de Pierre, monstre créateur, Gérard Chagneau, Editions LOCAL, 1986.

Fort Boyard, un château fort de la mer, Pierre-Henri Marin, Editions Rupella, 1991.

  • Sites annexes :

http://www.lachasseauxtresors.tv/ : Site personnel sur La Chasse aux trésors avec Philippe de Dieuleveult.

http://membres.multimania.fr/chassetresor/ : Site personnel sur La Chasse aux trésors avec Philippe de Dieuleveult.

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