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Un grand jeu pour faire « TILT »

Par Christophe Lucet, Sud Ouest, 20 décembre 1988

Publié le jeudi 16 septembre 2010 par Kévin TOLBIAC dans la rubrique Dans la presse avant 1990.

        

Les repreneurs de Fort Boyard sont en Charente-Maritime pour y trouver des alliés locaux. En attendant la grande aventure, promise pour début 1990…

L’équipe de producteurs parisiens à laquelle Eric Aerts, propriétaire belge de Fort Boyard, a promis de vendre le monument, marin, a entamé une tournée charentaise afin d’intéresser des partenaires locaux à l’entreprise.

Hier, Denis Mermet, responsable au sein du groupe J.A.C. (fabricant de jeux télévisés), Pascal Bensoussan, président de Tilt Production et son responsable artistique Jean-Pierre Mitrecey ont rencontré des conseillers généraux dont Jean-Guy Branger et Jean-Louis Frot, le chef de cabinet du maire de La Rochelle, avant de s’embarquer pour l’île d’Aix pour y rencontrer Jean Cochard, son maire, dont le regard plonge tous les jours de beau temps vers le vaisseau de pierre qui veille au fond du pertuis d’Antioche.

On connait le projet des acheteurs : faire de Boyard le cadre prestigieux d’un jeu télévisé qui s’inspirera de « la chasse aux trésors ». Cette émission, diffusée 4100 fois sur les chaînes françaises et étrangères, est précisément l’œuvre du producteur Jacques Antoine, dont la société chapeaute l’opération.

C’est d’ailleurs au cours d’un des épisodes de « la chasse aux trésors » tourné à Fort Boyard que le producteur de télévision s’était épris de ce site grandiose. Depuis deux ans, l’idée de racheter le fort pour en faire le cadre d’un autre jeu a germé et vient de connaître sa première touche concrète avec la promesse de vente du dentiste d’Avoriaz, qui cherchait depuis plusieurs années à se défaire de son bien acquis en 1962.

« Nous cherchions un lieu unique et l’arrivée dans cette véritable arène qui rappelle les jeux du cirque, ce labyrinthe de cellules qui évoque un vrai jeu de l’oie géant nous semble évidemment grandiose », s’exclame Pascal Bensoussan.

J.P. Mitrecey, Pascal Bensoussan, Denis Mermet, les acheteurs de Fort Boyard

Le « concept » du jeu s’inspire de cette vision : les équipes de candidats devront subir toutes sortent d’épreuves dans les cellules du fort, transformées en autant de décors fantastiques, à la recherche d’un vrai trésor de pièces d’or. Et la partie « intellectuelle » de cette « chasse au trésor » d’un nouveau genre sur un Sphinx, censé mettre les concurrents à la « question » en posant des « colles » inspirées de l’histoire de Boyard.

PAS UNE RESTAURATION

Pour le moment, la mécanique du jeu a déjà fait l’objet d’une simulation présentées au MIP-TV de Cannes en avril dernier. Selon Denis Mermet, « la chaîne anglaise Channel Four a manifesté un intérêt précis pour ce programme que nous comptons mettre à l’antenne au début de 1990 ».

En entamant leur tournée en Charente-Maritime, les trois producteurs sont bien décidés à faire valoir tout l’intérêt touristique et médiatique du projet. Et ceci pour obtenir le concours des collectivités locales à une réhabilitation qui s’annonce évidemment coûteuse.

« Notre propos n’est pas de restaurer le fort Boyard, mais de le réhabiliter », dit Pascal Bensoussan. Autrement dit, il n’est pas question pour la société TV de s’attaquer à des travaux sur le port ou le brise-lames, dont la restauration coûterait au bas-mot 15 millions de francs (selon une estimation fournie par Bouygues). En revanche, sans même le rendre habitable, il s’agit pour TILT de réaliser les indispensables travaux de sécurité (escaliers, déblais, ouvertures) sans lesquels le jeu n’est pas envisageable.

C’est à l’évaluation de ces travaux que l’équipe parisienne s’est maintenant attaquée. Elle précise que les tournages du jeu nécessiteraient le concours d’une équipe de 100 personnes et que le rythme de l’émission serait hebdomadaire.


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